Les couleurs de l’été, RAL 3011.

 

 

 

 

 

 

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

Albert Einstein.

 

 

 

 

 

Salut à toi, jeune padawan

 

 

Il a mis longtemps à faire chaud. Pluie morose et inondations en plein mois de juillet, comme si la météo, elle aussi, avait décidé de vivre en dystopie, et maintenant, c’est chaud de tous les côtés. Chaud pour ta peau, chaud pour tes droits, chaud pour ton futur, chaud dans les rues, chaud bouillant. Je te dirais bien de mettre de la crème solaire, mais pas sûr que cela te protège de tout, en tout cas pas du principal.

 

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé, même si beaucoup savent lire entre mes lignes depuis plus d’un an, ce que je pensais de « l’actualité ». Je mets des guillemets à ce mot parce que, même si j’ai décidé de répondre à cette question, il ne va pas nécessairement s’agir de ce qu’il se passe aujourd’hui, tant pour moi les enjeux sont ailleurs…

 

Et en mode, philo, comme d’habitude.

 

 

 

 

Et si nous devions avoir peur d’autre chose ?

Que les comportements soient dirigés par la peur du virus ou par la peur du vaccin, nous restons sur le même registre d’angoisses qui sont entretenues soit par la télévision, soit par les réseaux sociaux. Seulement, d’un côté comme de l’autre, personne ne détient LA vérité. Et peut-être même qu’elle est ailleurs.

 

Attention aux sophismes. La plupart des qualifiés d’« antivax » ou de « neuneus » sont en réalité à jour sur leur carnet de santé, considérant les autres maladies comme graves, mais pas celle-ci, ou bien les autres vaccins fiables, mais pas celui-ci. Et ceux qualifiés d’« hypocondriaques » ou de « moutons » ont peut-être peur du virus à raison, car souffrant de comorbidités ou ayant parmi leurs proches une personne fragile. Que l’on se reconnaisse dans une personne décédée du virus ou décédée du vaccin, la peur nous donne parfois l’envie de convaincre notre entourage avec des moyens plus ou moins radicaux.

 

Objection – “Altruisme : Qui se soucie du bien d’autrui d’une manière désintéressée”.

 

Désintéressée ? Vraiment ? Dois-je t’avouer par exemple que, plus jeune, lorsque je donnais mon temps dans la protection animale, j’en sortais avec un doux sentiment du devoir accompli ? Bingo et paf, dans l’égo. L’altruisme humain a toujours, même au bout du bout, un infime but personnel, désolée de te décevoir. Ce n’est pas grave, c’est juste qu’il est préférable de ne pas jeter à la figure de l’autre des valeurs grandiloquentes que ni lui ni toi ne peuvent atteindre.

 

De plus, je ne vois pas dans cette définition une notion de prise de risque, or tout acte, médical ou non, comporte son lot de risques, aussi infimes soient-ils. D’ailleurs si on pousse la logique, l’altruisme serait par exemple de ne pas vacciner les enfants et les jeunes pour leur épargner cette prise de risque, d’une part, et parce qu’ils ont statistiquement plus de risque d’avoir des problèmes avec le vaccin que le virus, d’autre part. Mais, mais, … et quant à la notion de « sacrifice », dans notre société individualiste, hum, je ne pense pas avoir besoin d’argumenter, tu vois toi-même l’oxymore. Le monde n’a jamais été binaire et il ne le sera jamais, de même que le cent pour cent sans risque n’existe pas. Tout est beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine.

 

En conclusion, il y a une chose dont nous pouvons être sûrs : C’est la peur qui mène au mal. La peur et l’angoisse font perdre la raison et basculer certains de nos congénères dans la folie. Or, vouloir forcer qui que ce soit à faire quoique ce soit contre son gré est dangereux. Quiconque à déjà ouvert un livre d’histoire peut le comprendre, ils sont faits pour cela, pour que nous apprenions des erreurs du passé. Le monde est complexe, la vie est complexe, la réalité des uns n’est pas la même que celle des autres et nous ferions bien de respecter cela, car à forcer les uns, si nous laissons faire, la prochaine fois, ce sera au tour des autres. 

 

 

 

Mais je pense qu’encore une fois, nous avons raté la cible, nous sommes hors sujet. Lorsqu’on nous montre la lune, cessons de regarder le doigt et élevons-nous, prenons un peu de recul sur cette situation. Diviser pour mieux régner, le cheval de Troie, ça te parle ?

 

Je pense en effet que le sommet a plusieurs coups d’avance sur la vallée – d’autant qu’il n’est ni soumis aux remontées mécaniques, ni aux forfaits, ni aux contrôles sur pistes – que le fou est trop incliné dans son virage, et que la tour, qui est allé dré dans l’pentu*, va bientôt se faire dégommer. Mais si le roi faiblit et que le sommet crie d’impatience, il se pourrait qu’une avalanche détruise la vallée. Le sommet, lui, sera toujours, il lui suffira au pire d’attendre les prochaines neiges pour que son manteau soit parfaitement reconstitué ; la vallée, quant à elle, ramassera ses pions et ses cavaliers à la petite cuillère – échec et mat. Quoi, tu ne joues toujours pas aux échecs en montagne, malgré l’article de la semaine passée ? Bouge pas, je m’explique.

 

Voici le fond de ma pensée, dré dans l’pentu : Je n’ai ni peur du virus, ni du vaccin. Ce qui m’empêche de dormir en revanche, c’est de voir arriver à grands pas le modèle de contrôle social chinois dans le pays de Molière. Ça oui, ça me fout la trouille au bide, et pour de vrai. Comme dirait l’autre, chacun ses névroses, lol.

 

Mais névroses, peurs ou angoisses, ne jamais oublier que les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore …

 

 

 

 

Se changer les idées.

Avec moi : Prenons une grande et longue respiration par le nez, le plus d’air possible, et une fois à bloc, comptons jusqu’à trois et soufflons lentement par la bouche, lentement, doucement. Voilà, c’est bien. Ça va mieux n’est-ce-pas ? Et pourtant tu viens d’inhaler des milliards de virus et de bactéries. Rassure-toi, tu fais cela depuis que tu es né, et si tu es toujours là pour me lire, c’est qu’a priori, tu es toujours vivant.

 

Vivant, ici et maintenant. Depuis que son cerveau à (trop ?) évolué, l’homme à (trop ?) tendance à se laisser guider par ses peurs, ses angoisses, ses émotions et oublie que la vie, que le bonheur n’est ni dans le passé, ni dans le futur, il est maintenant. Tu ne revivras plus jamais hier, et demain n’est pas garanti. Le danger n’est pas dans l’autre, ni dans les choses visibles ou imperceptibles qui nous entourent, il est dans ce que nous nous laissions enfermer, paralysés par nos inquiétudes, nous empêchant de vivre le moment présent. C’est à cet instant que la peur de mourir dépasse le désir de vivre.

 

La magie d’un lever de soleil après avoir discuté jusqu’à pas d’heures avec un ami, celle d’une veillée romantique au bord de la mer avec ton ou ta bien aimée, ou encore l’enchantement d’un après midi de ski avec les enfants, ou d’une balade à la campagne avec ton chien. Ces instants sont précieux, aujourd’hui est inestimable. Par conséquent, il est important d’être vigilant avec ceux qui se laissent un peu trop emporter par des projections de peurs, angoisses et hypothèses et encore plus lorsqu’ils sont au sommet. Car ce qui pourrait arriver n’arrivera peut-être jamais ; mais le temps qui est là, maintenant, ne reviendra plus, et ça c’est une certitude.

 

 

 

 

 

 

« J’ai appris que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à la vaincre. »

Nelson Mandela.

Apprenons à raisonner nos peurs et à ne pas juger les autres, car chacun vit dans une autre réalité que nous, ainsi la sagesse sera nôtre et nous aidera peut-être un jour à entrevoir les vrais enjeux pour avancer ensemble. Alors, unissons-nous, pour aujourd’hui et pour demain, faisons comme cette sublime fleur d’hortensia et voyons notre vie en bleu** !

 

 

 

 

Conseil de lecture :

-Eugène Ionesco : Rhinocéros (1959) – ed. Folio.

-Edward S. Herman & Noam Chomsky : Manufacturing Consent (titre en françaias : Fabriquer un consentement, ou La fabrique de l’opinion publique) (1959) – ed. Investig’action pour une edition française et Pantheon pour mon édition anglaise.

 

*Dré dans l’pentu : droit dans la pente, tout schuss ! Patois savoyard.

**Le bleu, depuis l’antiquité, est la couleur de l’avenir, symbole de vérité, de sagesse et de loyauté.

 

 

IMG 0866 scaled - Les couleurs de l'été, RAL 3011.

Comments

  1. Danielle
    23 juillet 2021 / 2 h 40

    Moments precieux pour moi et Alex qui m’emmene au salon tattoo, me depose et viens me rechercher, et balade avec mon Inesse.

    J’adore les hortensias et le bleu, je suis paree…

    • 23 juillet 2021 / 17 h 59

      Voilà de supers moments, merci du partage ! 😁✌🏻

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