L’ère de l’adolescence ?

 

 

 

« Le ciel nous a donné quelques talents et nous en sommes responsables. »
Illusions perdues, Honoré de Balzac.

 

 

 

 

 

Salut à toi, jeune Padawan

 

 

L’article de la semaine dernière vous a bien plu apparemment, et c’est une bonne nouvelle, puisque nous aurons bientôt une autre jolie recette sur le blog, là encore, sur le thème de l’automne, mais pas que. Oui, je te fais le suspens.

 

Aujourd’hui, on va se poser quelques questions, au coin du feu, et crois-moi, ça va fumer dans les chaumières. En effet, j’ai une petite théorie personnelle sur l’analyse de notre histoire moderne, avec en particulier un constat sur notre époque actuelle dont j’aimerais te faire part, en toute humilité, et bien sûr en toute ouverture à tes remarques ou suggestions.

 

Il me faudrait quarante pages pour bien aborder le sujet en détail, or un billet d’humeur doit tenir en cinq pour être lu. Nous sommes dans l’ère du rapide ; ce n’est pas toujours une mauvaise chose, mais lorsqu’on aborde des sujets complexes, condenser fait forcément perdre en subtilité. Je vais donc dégrossir comme un bourrin, sans poncer ni mettre de mastic pour cacher les trous, tu vas donc voir beaucoup de lieux communs, résumés et raccourcis. En outre, je ferais appel ici à ta propre habilité au subtil et à ta capacité d’analyse légendaire pour comprendre les raccourcis du concept qui suit. À noter que si exemple donné il y a, ce n’est, comme son nom l’indique, qu’un exemple, qui n’est pas vérité absolue, et que bien sûr, il y a exceptions, différences et nuances.

 

Alors c’est parti, parce qu’on n’est pas là pour se dorer les marrons.

 

 

 

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Photocrédit : Earthly misson.

 

 

 

La maturité en décroissance, l’effet Benjamin Button.

J’ai toujours vu cette histoire de Benjamin Button comme une allégorie de l’histoire humaine – ne bouge pas, tu vas comprendre.

 

Même si l’on nous parle de moyen-âge à l’école, que nous avons souvent entendu que cette période avait duré très longtemps, et pour cause, puisqu’elle a commencé à la fin de l’empire romain pour laisser place à la Renaissance, l’ère la plus longue de l’histoire humaine au sens global a pourtant été le paléolithique. C’est loin, j’en conviens, mais l’échelle ne laisse place à aucun doute, puisque le Paléolithique commence avec l’apparition des premiers outils lithiques, il y a 3,3 millions d’années en Afrique et s’achève, il y a 11.700 ans avec la fin de la dernière période glaciaire, qui ouvre la voie au Mésolithique en Europe et dans de nombreuses régions du monde. Le Paléolithique couvre donc environ 98 % de la durée de la Préhistoire, qui, quant à elle, s’achève avec l’apparition de l’écriture vers 3300 ans av. J.-C., en Mésopotamie. Le Paléolithique, le Mésolithique et le Néolithique se succèdent dans cet ordre et forment l’âge de pierre – « Ça va être tout noir, ta gueule »*.

 

La période la plus dense en termes d’évolution, en opposition donc avec le paléolithique qui demeure la plus longue en terme d’années, a sans doute été notre ère moderne, que l’on pourrait environ situer de 500 av. J-C à nos jours.

 

Or, et j’en viens à mon sujet, nous avons commencé cette ère moderne en vieillesse, en sagesse.

 

*

 

En effet, la période débutant vers 500 av. J-C a été riche en philosophes, médecins et sages en tout genre. À cette époque, les états n’avaient que très peu de contrôle ou d’emprise sur les populations, et les individus avaient de grandes responsabilités au sein de leurs familles et de leurs clans. Il y avait certes du servage, mais si l’on compare les libertés et l’impôt payé à l’époque avec notre condition d’aujourd’hui en France, non, je ne vais même pas t’en parler, car tu risquerais de passer une (très) mauvaise soirée.

 

De Socrate à Platon et son allégorie de la caverne**, primordiale pour saisir la suite de notre histoire humaine et cet article, en passant par Aristote, et en allant se soigner chez les guérisseuses ou chez Hippocrate de Cos, les êtres humains de l’époque avaient un immense savoir, considérant le peu de moyens techniques dont ils disposaient, tout en étant en harmonie avec notre planète et dans la compréhension de notre nature humaine.

 

*

 

Par la suite, nous avons régressé en reniant les sages, en les bannissant, puis plus tard en faisant la chasse aux sorcières et enlaidît notre histoire avec les guerres de religions. Siècles après siècles, l’emprise sur les peuples et le contrôle des états monte à plein régime ; par exemple les responsabilités individuelles chutent pour laisser place à la prise en charge de la sécurité des villages par l’état. Les premières révolutions colorées sont organisées, notamment en France en 1789, les tensions montent, les nobles décapités sont remplacés par les riches bourgeois marchands, mais nous n’avons aucune idée à ce moment de notre histoire, que nous n’en sommes qu’au début sur ce sujet. Jusqu’à décliner à notre âge adulte, à savoir notre ère industrielle, au XIXe siècle. Grandes découvertes, certes, mais aidées par la découverte des énergies, particulièrement le charbon et le pétrole. En serions-nous là aujourd’hui dans notre évolution sans ces facilités que nous a offert la nature ? Nous avons tous la réponse.

S’en suivent deux crises immenses, la Première puis la Seconde guerre mondiale, qui commencent à donner à certains le goût de la désillusion (cf : l’Allégorie de la caverne de Platon**, ndlr).

 

Puis s’ensuit la période après-guerre, où, en plus d’évolutions technologiques, notre alimentation a plus changé en soixante dix ans qu’en trois millions d’années…

 

*

 

Mai 68, l’ère adolescente. L’emprise sur les peuples, on peut à présent parler de domestication, ainsi que le contrôle des nations a atteint un niveau tel que la première révolution colorée post guerres-mondiales est organisée en France pour virer le Général de Gaulle qui faisait un peu trop chier. Période où l’on voit fleurir des slogans dignes de sorties de boîtes à quatre heures du mat’ à moitié bourrés, alors que leurs parents avaient défendu leur pays deux fois au péril de leur vie, des « Jouir sans entraves » sur les murs, sans oublier la monstrueuse, que dis-je, l’abject colonne illustrée du journal Libération « Apprenons l’amour à nos enfants » qui aurait dû valoir à ce torchon une fermeture définitive avec peines de prison à la clé, si les magistrats de l’époque avaient eu une morale et un code d’honneur. La liste est longue, bien trop longue pour un petit billet d’humeur, alors nous allons en rester là sur cette période infâme, avec les points de suspension que voici…

 

Et nous voilà aujourd’hui, même pas une milliseconde plus tard, rapporté à l’échelle de l’ère humaine. L’emprise sur les peuples et le contrôle des états n’a jamais été aussi pesante, aussi puissante. La justice, quasi-reléguée au caveau, enterre l’impartialité dans un cimetière judiciaire, le mausolée de la magistrature n’étant plus au service du peuple mais d’idéologies mortifères de milliardaires apatrides, ploutocratie oblige.

 

Les habitants des pays occidentaux n’ont jamais eu si peu de responsabilités, ni été autant infantilisés, mais n’ont jamais consommé autant d’anti-dépresseurs. La France, ce doux pays où les gens aimaient tant la rigolade, figure parmi les lauréats sur le podium. Autrefois, nous avions des vies bien moins prises en charge qu’aujourd’hui, et autrement difficiles, pourtant nous étions bien plus forts mentalement, et bien plus heureux.

 

 

 

Allegorie de la caverne Platon - L'ère de l'adolescence ?

Photocrédit : 4edges. L’Allégorie de la Caverne, Platon.

 

 

 

Dans le confort, on n’est jamais libres.

Un peu d’ingénierie sociale par-ci, un peu (trop) de confort et de lâcheté par-là, on arrose le tout de mauvaise foi et de peur du jugement de nos pairs, on pose un mouchoir sur les problèmes qu’on ne veut pas voir, car on veut être bien tranquilles et hop, la soupe est prête. Nous avons chuté dans une sorte de goulag mental, douillet, confortable, où la peur de la « désobéissance » nous paralyse (Guillemets ici, parce qu’un être humain adulte et responsable ne désobéit pas. Il sort du jeu, il prend ses responsabilités, il écoute son bon sens d’homme libre. La « désobéissance », c’est pour les enfants intrépides, ou les adultes asservis, immatures, domestiqués. Nuance, ndlr).

 

Or, dans le confort, on n’est jamais libres ; la liberté a un prix, et il faut avoir le courage d’aller la chercher, puis la discipline de l’assumer, ou de payer le prix douloureux de sa servitude. Cette phrase que tu viens de lire, c’est le retour au réel. Je t’invite même à la relire.

 

À propos de servitude, comme cadeau des oligarques il y a quelques années, nous avons eu le wokisme : sophisme raciste inventé par une millionnaire dépressive blanche – pléonasme – qui s’ennuyait dans ses salons bourgeois, visant à manipuler les esprits les plus domestiqués ou les plus perdus, voire les deux, pour les rendre aussi dépressifs qu’elle. Réussi.

 

Les gens vont mal, et la santé psychique des adolescents en particulier est très préoccupante. Nos jeunes congénères occidentaux n’arrivent désormais plus à se gérer émotionnellement, fatum de l’enfant à qui on n’a pas appris à vivre avec ses frustrations, par exemple issus d’une génération de parents stressés souvent divorcés, opposant amour et éducation. L’instruction nationale a, elle aussi, fait des ravages. Comment aimer ta vie et ton pays, comment en être fier quand on te raconte que tu es un problème et que ton histoire est une honte, ou quand tu vois tes politiques s’excuser auprès des autres pays, le dos rond, toutes les cinq minutes ? Comment avons-nous pu accepté cela ?

 

Ainsi, pour crier leur mal-être, leur souffrance même, ces adolescents font des colères. Dernier exemple en date, au National Gallery : conserve de soupe du géant industriel Heinz jetée sur une peinture à l’huile de la série des Tournesols de Van Gogh, par deux jeunes bourgeoises aux baskets et smartphones dernier cri fabriqués à la chaîne par les douces mains d’enfants Bengalis pour… sauver le climat. Mais ne t’en déplaise, je les comprends, j’ai même envie de leur faire des câlins, car ces enfants sont perdus dans un capharnaüm intellectuel, et surtout, ils n’ont pas vu où est la véritable « empapaouterie », l’ennemi, le vrai. Un indice : C’est pas Van Gogh, ni ses tournesols.

Nota : si tu cherches encore, l’empapaouterie n’est pas au célèbre musée londonien non plus. En revanche, il aurait juste suffi de marcher quarante minutes à l’est, mais je te garantis que personne n’aurait eu le temps de faire ni d’y filmer quoi que ce soit, bizarrement. Vous avez dit bizarre ?

 

Cerise sur le gâteau, en France, nous avons un enfant roi à la tête de l’état, et au comportement, disons, « stupéfiant » – comprendront qui voudront, lol. La régression continue, pourtant, c’était marqué dans un bouquin de nos ancêtres : « Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin ! » (L’ecclésiaste). Et c’est clair que nos « princes » mangent beaucoup le matin, ils se sont même augmentés à l’assemblée nationale, alors que les portefeuilles des Français souffrent de l’inflation. Les députés de l’union européenne aussi ont vu leurs salaires augmenter, ainsi que les employés du FMI… j’arrête, ça va finir par t’énerver, et moi aussi… euh non, moi, comme tu as pu le remarquer, c’est déjà fait, lol.

 

Autant te dire que je n’ai pas hâte de vivre pleinement l’ère de l’enfance, vers laquelle nous transitionnons, avec ses nouveaux lots de contrôles sociaux, comme si nous n’en n’avions déjà pas assez, en mode « nous ne possèderons rien et nous serons heureux » et pourquoi pas les couches et nous forcer à ne plus contrôler nos sphincters ? Si avec cela, les mouchoirs et les œillères ne se lèvent pas, je ne sais pas bien ce qu’il va nous falloir.

 

 

 

Vers un renouveau ?

Si tu as déjà ouvert quelques livres d’histoire, tu sais qu’après la pluie, le beau temps. Alors si nous partons du principe que nous sommes à une fin de cycle, nous pouvons imaginer que va s’ensuivre un tout nouveau. Comme le coup de serpillère passée autrefois par le coloc’ dont nous vîmes toujours les endroits oubliés, il est admis que nous ne soyons jamais mieux servis que par nous-mêmes. Reste maintenant à nous mettre d’accord sur ce que nous allons faire de ce nouveau cycle, car si nous ne nous conscientisons pas, tu peux être sûr que d’autres vont, comme d’habitude, prendre beaucoup de plaisir à le faire à notre place (devrais-je ajouter un autre « comme d’habitude » ? ndlr).

 

Or, il faut reconnaitre une chose, et je m’en vais de ce pas réhabiliter ces jeunes militants aux conserves de soupe : les plus courageux en ce moment sont bel et bien ces activistes néophytes, et peu importe qu’ils se trompent de cible. Car, ils se bougent le cul, eux, ils ne se contentent pas de miauler mollement dans leur canapé (eux, ndlr). Et rien que pour cela, même si leurs actions sont à côté de la cible, ils essaient, et il serait grand temps de prendre leur exemple.

 

Et puis, il y a parmi nos jeunes de vrais espoirs, des diamants bruts pour le futur de notre humanité qui ont besoin de nous pour pouvoir rayonner sur notre beau pays. Inversement, nous avons aussi une pléthore de vieux cons qu’il serait temps de jeter dans les poubelles de l’histoire pour le bien de notre nation, voire de l’humanité ; comme un certain philo-sophiste, faiseur de guerre de son état (son dernier forfait fût de détruire la Libye, ndlr), dont l’acronyme tient en trois lettres, et qui pourrait se résumer à un Baratineur qui a Horreur du mot Liberté. Si avec ça t’as pas compris, lol.

 

Pour cela, il nous appartient de fabriquer des anticorps face à l’idéologie ambiante, et de développer notre bon sens et notre esprit critique.

 

 

 

Imagine le savoir philosophique, historique, politique, économique et sociologique des vieux et « vieunes » (des vieux-jeunes, ndlr), couplé à la fougue héroïque de la jeunesse. Tous ensemble, en équipe. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, on récupère nos pays occidentaux de tout ce marasme économique et idéologique, ainsi que nos dignités et notre avenir.

 

Particularité du coq Gaulois ? Il ne perd jamais sa capacité à chanter, même les deux pieds dans la merde. Si tu en doutes et que tes cours d’histoire sont loin, sache que la France depuis Clovis a failli chuter mille fois, et qu’elle s’est toujours relevée. Dernière érection patriotique ? C’était le 18 juin 1940, par un certain Charles, et crois-moi à l’époque, on était dans une sacrée panade. Et nous nous sommes relevés.

 

Alors message pour les vieux cons et les jeunes cons dans leurs canapés : Ne serait-il pas temps de s’impliquer concrètement, politiquement, ensemble, toutes générations confondues, des jeunes cons aux vieux cons, de prendre notre pays à bras le corps pour en faire un lieu agréable, digne, uni, harmonieux, joyeux, en bon père de famille, respectueux et à l’image de la majorité, plutôt qu’une presque dictature ploutocrate gérée par des minorités milliardaires malades et sans surmoi ?

 

 

 

 

 

 

Voilà, je t’avais dit que ça allait secouer dans les basses-cours, car il y a des moments dans la vie où il est nécessaire d’entendre, même des choses désagréables, pour réfléchir ensemble sur les solutions.

 

Semaine prochaine, on se régale avec une belle de recette de saison et une pointe de surprise …

 

 

 

 

Salutations automnales 🌰

 

 

 

 

 

 

*Référence au film « Rrrrrr », pour ceux qui sortent de l’âge de pierre 😉

 

 

 

 

Sources :

– **L’allégorie de la caverne de Platon, Texte complet à lire ici.

W.E.F – J’ai aussi trouvé ce petit article en français, où se trouve la « fameuse » vidéo originale du W.E.F datant de 2016 mais effacée de leur site officiel depuis, qui nous explique qu’on n’aura plus rien, mais qu’on sera heureux.

– Une vingtaine de livres d’histoire, d’économie, de philosophie et de techniques d’ingénierie sociale issus de ma bibliothèque personnelle, comme le fameux « Manufacturing Consent » de N. Chomski, ou le non moins fameux « Propaganda » d’Edward Bernez, ou encore, le tout aussi pertinent et actuel « Discours de la servitude volontaire » d’Étienne de La Boétie.

– La littérature française plus classique aussi contient quelques trésors. Si tu as fait attention à la citation d’introduction de ce billet : Illusions perdues, d’Honoré de Balzac, est une jolie histoire au premier degré de lecture, mais aussi une charmante satire, oxymore, de la société de l’époque (période de la restauration, exactement un siècle avant la première guerre mondiale, ndlr), embryon de ce que deviendra notre société de consommation, où tout est marchandise, y compris les livres, y compris les âmes.

 

Tu veux un conseil de lecture ? N’hésite pas, rdv en commentaire.

 

 

 

IMG 4289 scaled - L'ère de l'adolescence ?

Une famille de poules d’eau, et une régate en arrière-plan – Annecy, Haute-Savoie, France.

 

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