Si ta parole est gratuite, ton mal être, c’est toi qui le produit.

 

 

 

 

« Les jugements portés sur autrui sont des expressions détournées de nos propres besoins inassouvis ».

Marshall Rosenberg.

 

 

 

 

 

Salut à toi, jeune Padawan

 

 

Parce que nous avons tous eu des mots malheureux à des moments dans notre vie, mais que pour certains, c’est (un peu trop) coutumier, voici un petit billet d’humeur des familles. Il y a un moment pivot, comme dirait Bernard, où il est temps de remettre les choses en perspective pour les uns, et de prendre conscience qu’on n’est pas un paillasson, pour les autres. Pour cela, un peu de contexte.

 

Dans la vie il y a toujours eu des brutes. C’est-à-dire des gens qui frappent avant de penser, tant au sens propre que figuré. Les brutes se divisent en deux catégories. Ceux qui sont maladroits, ne pensent pas à mal, c’est juste que leur poing ou leur parole s’allume avant leur cerveau, des gens à l’intellect limité, en somme. Il y a ceux-là, … et ceux qui prennent les autres pour un sac à vomir toute leur haine due à leur manque de réussite, leur manque de virilité, leurs frustrations. Un peu comme si tu étais un prêtre et qu’en te hurlant dessus ils allaient à confesse. Facile de reconnaître ces derniers : ils frappent toujours sur plus faible qu’eux. En effet, les types du genre boxeur de 2m10 et 110 kg bien dans leur tête ne sont jamais emmerdés par ce genre de personnages.

 

Ensuite, notre société a basculé dans un hyper-matérialisme, et c’est toute la dimension spirituelle, affective, émotionnelle qui est désormais mise à mal. En d’autres termes, nous sommes plus ou moins entrain de perdre notre humanité. Oui, on est dans le lourd aujourd’hui. Nous sommes aussi dans une société où chacun est déresponsabilisé, infantilisé, ainsi, lorsqu’on nous dit non ou qu’on n’est pas d’accord avec nous, cela nous est devenu insupportable.

 

Si bien qu’aujourd’hui nous sommes blessés, outrés, pour un rien. Les superlatifs font légion pour des situations du quotidien, le « drame » est partout. Au temps de nos grands-parents, un drame c’était la perte d’un proche, en 2020, un drame c’est Brenda qui s’est cassé un ongle, ou Brandon qui ne retrouve plus sa chemise à carreaux dans son placard. Or, la seule défense de la personne qui se blesse pour un rien est la colère ou le jugement, comme un enfant de 5 ans qui ne peut avoir son jouet. Voilà pour le contexte. Maintenant : C’est quoi qu’on fait ?

 

 

 

 

Une petite remise en question

Attention ça va piquer un peu, mais il va bien falloir intégrer à un moment que si on pense que tout le monde est con, ou que tous les gens sont tordus, malhonnêtes ou que sais-je, peut-être que le problème, ce n’est pas « tout le monde ».

 

Soit nous avons nous-mêmes ces comportements nocifs sans nous en apercevoir et nous sommes en plein effet miroir à accuser les autres, soit c’est nous qui induisons les comportements des autres dans ce sens, soit par notre attitude, nous attirons telles ou telles personnes ayant ces dits comportements. Dans tous les cas, si nous nous sentons «entourés de cons », une petite remise en question pourrait aider chacun à vivre un peu plus en harmonie. Apprenons aussi à bien nous entourer, et à nous libérer des personnes qui sont dans le besoin d’attention sans cesse, celles qui ne voient que par leur prisme : Bienvenue aux personnes qui savent écouter et faire réfléchir, au revoir aux personnes fermées et dans l’injonction.

 

Il est important de se mettre en question régulièrement, ne serait-ce que pour évoluer dans le bon sens (dans les deux sens du terme, tu l’as ? Bon sens, bon sens, ndlr). En effet, l’être humain est un individu d’habitudes, ce qui est bien pour apprendre la guitare ou le piano, mais ça le rend aussi paresseux, puisqu’il trouve beaucoup d’aise dans le confort et à vivre sur ses acquis. Or, ce n’est pas bon du tout, car en fonctionnant sur nos acquis et dans le confort, le risque est d’être tourné sur soi, et de virer « vieux con ».

 

 

 

 

Du répondant, de la fermeté mais sans jugement

Beaucoup d’adultes aujourd’hui ont la maturité émotionnelle d’un enfant de 7 ans, alors répondons-leur comme à des enfants. Avec calme, dans le respect, ce qui n’empêche pas de maintenir le rapport de force, et toujours tourné vers notre interlocuteur, puisque ces individus ne sont capables de voir le monde autrement que par leur propre prisme. En gros, tu comprends sa colère, tu as des solutions pour lui mais parmi celles-ci il n’y a pas la case « serpillère ». J’aime beaucoup le principe de communication non violente, et cela n’empêche pas de s’affirmer lorsque nécessaire. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit d’un mode de communication qui favorise le respect de soi et des autres dans un objectif de collaboration durable. Google est ton meilleur ami.

 

Si tu te prends ou entends une critique de merde, au supermarché ou sur internet, il est temps de porter ton « courage » à deux mains (je suis restée polie, ndlr) et de répondre. Je te rappelle que ces gens sont des faibles qui ne frappent que plus faible qu’eux. Alors, si tu réponds avec calme et fermeté, la personne en face va juste se liquéfier, tu pourras ainsi reprendre le cours de ta vie, en étant fier(e) de ne pas avoir été un paillasson et même d’avoir été utile : en effet, une bonne leçon d’humilité à une personne un peu trop tournée vers elle-même saura la faire réfléchir, en tout cas on lui souhaite.

 

J’ai enregistré durant les derniers mois des petits exemples croustillants de situations vécues, à la fois pour te faire rire et aussi pour te préparer. Te préparer à réagir. Ce ne sont que des exemples, pas du tout un manuel ou quoi que ce soit, d’ailleurs, j’ai failli lamentablement sur le dernier. Qu’est-ce que tu aurais dit, toi, en communication non violente pour répondre à ces personnes ?

 

À une personne à côté de moi qui se moquait d’une dame ronde partageant une glace cet été avec son mari : « Un jour viendra, monsieur, je vous le souhaite, où vous trouverez le bonheur et ne ressentirez plus le besoin de critiquer les autres, tant vous serez comblé(e) par votre propre vie. Belle journée et bon courage dans votre démarche ». En clair, on prend la parole lorsque nécessaire même si cela ne nous est pas adressé, toujours avec le maximum de bienveillance, car ce sont des armes qu’ils ne possèdent pas.

 

Dans la même veine, sur youtube, à une personne qui a répondu à mon commentaire laissé sous une vidéo de rock n’roll avec un signe « 🤘🏻 », en me disant que c’était des signes dit « satanistes pédophiles interdits » (rien que ça, ndlr !) : « Tu es ici sur une chaine rock n’roll, il est important pour toi de comprendre que tes croyances ne sont pas les nôtres. Ceci est un signe appartenant à nos codes et à nos valeurs du rock n’roll, si cela ne te plait pas, libre à toi de ne pas lire mon commentaire ».

 

Il y a trois semaines, à un quadragénaire qui emmerdait un petit monsieur d’au moins 70 balais, dans les rues de ma ville, qui lui reprochait en hurlant de ne pas avoir de masque (je précise que le vieux monsieur avait les larmes aux yeux et que les quelques badauds autour n’osaient dire quoi que ce soit étant donné la « carrure » du quadragénaire) : « Monsieur, bonjour, écoutez je comprends vos peurs, nous sommes tous dans une situation difficile, mais ce monsieur pourrait être votre père. Parlez-vous comme cela à votre papa ? J’ose espérer que non. Nous sommes dehors, peu nombreux, dans une grande rue, je n’ai pas les compétences médicales pour vous dire si vous êtes dans le vrai ou non par rapport à cette question, en revanche j’ai les compétences pour vous dire que votre comportement est tout simplement ridicule. Si vous avez peur, il y a une pharmacie à deux pas, allez vous acheter un FFP2 ou allez voir un psy mais de grâce, apprenez à vous maitriser, regardez-vous, on dirait une petite fille de 5 ans. » Bon, sur mon dernier exemple, j’ai merdé. Il a été blessé, il ne s’attendait pas à la chute. Je n’en suis pas fière du tout, manque de maîtrise dans mes mots, mea culpa.

 

Et dès fois, ce n’est pas dans la parole que ces personnages sont agressifs, mais dans les gestes …

 

 

 

 

De la fermeté, et de la préparation

Nous vivons dans un monde où il y aura toujours des gens avec des comportements déviants. Alors autant intégrer cela et apprendre à y réagir plutôt que d’espérer un monde qui n’existera jamais.

 

Pour faire face à cela, les américains utilisent une stratégie militaire appelée « OODA loop » (observe–orient–decide–act). Rambo, sors de là, on t’a vu. Transposé dans le civil, c’est une stratégie d’analyse que tu mets en place pour savoir ce que tu fais quand « ça » t’arrive. « Ça » pouvant être un serial killer, un connard qui te refuse une priorité, une personne qui essaie de te voler un truc, une personne qui essaie de te piéger en te tamponnant ton pare-chocs pour que tu sortes de ton véhicule, un jeune qui veut te faire signer des pétitions et ça t’emmerde, un alcoolique en pleine crise, « ça » peut-être absolument toute situation hors du commun, du plus ubuesque au plus dangereux.

 

Tu observes, tu analyses, tu décides, tu agis. Cela permet d’éviter la sidération en cas de situation dangereuse, en clair, de rester en danger. Mais tout cela, c’est encore mieux si tu sais déjà comment tu vas réagir dans telle ou telle situation parce que tu y auras pensé avant. Ayant vécu dans des zones franchement pas sécuritaires dans ma jeunesse, j’ai malheureusement été « embêtée » un nombre incalculable de fois. Après avoir vécu la toute première fois cette impression d’être prise au piège, de ne pas savoir comment réagir, j’ai mis au point des techniques qui ont fait leurs preuves, pour savoir comment je dois réagir, si un jour cela m’arrive à nouveau, ou que je vis d’autres situations. Petit retour d’expérience :

 

Par exemple, (et prépare-toi) : la première fois qu’un individu s’est … comment te dire … « branlé » sur ma jambe dans le métro (oui bon bah dès fois, les synonymes sont durs à trouver, hein, je t’avais dit de t’y préparer en plus, ndlr). J’étais pétrifiée, j’ai fini par écraser le pied du dit branleur avec mon talon pour qu’il arrête, mais ensuite pendant des semaines, j’en ai fait des cauchemars, et puis j’ai pensé, puis repensé « tu aurais dû dire ça, faire ça ». À partir de la deuxième (ça m’est quand même arrivé trois fois, ndlr), j’ai mis en place mon ooda loop, qui est une annonce façon conducteur de train : « Le monsieur à la capuche grise qui se branle sur ma jambe comme un caniche en manque de bromure est prié d’arrêter de suite, ou je lui pète les rognons à coup de sac à main ». Résultat, l’individu a stoppé de suite, la rame entière a hurlé de rire, le gars a eu la honte de sa vie, et moi, je n’ai pas été re-traumatisée, bien au contraire, quand tu as été « le héros du jour » tu te sens ragaillardie.

 

Un ooda loop, tu l’auras compris, c’est savoir ce que tu dois faire pour t’aider à te sortir d’une situation que tu n’as pas encore vécu (et on espère qu’on n’aura pas à la vivre), ou que tu es en train de vivre mais au moins tu as un manuel, tu sais comment l’appréhender. Tu observes, tu analyses, tu décides, et tu agis. La peur n’évite pas le danger mais elle paralyse, se préparer permet de sortir plus efficacement de ces situations éventuelles.

 

Ça marche aussi pour des situations « chiantes » du quotidien, pour savoir comment réagir à l’avance : lorsqu’on me demande de signer une pétition à l’étranger je parle français, en France je parle anglais. Voilà une petite astuce qui te fait gagner un temps monstre, lol.

 

 

 

 

 

 

 

 

La phrase à retenir, qui n’est pas de moi : « On n’est pas obligés d’être la poubelle émotionnelle des autres ». J’ai récemment vu passer cette expression, autrefois on aurait dit « le souffre-douleur », mais poubelle émotionnelle, c’est une bonne image. Tu n’es pas une poubelle pour les émotions, les peurs, les frustrations des autres, et encore moins en ce moment où tout le monde est un peu à fleur de peau. Mais pour ce faire, il faut s’y préparer un minimum, et réfléchir à ce qu’on ferait, dirait dans telle ou telle situation.

 

En ces jours plus que tendus, il est temps de remettre les choses en perspective. Altruisme oui, bienséance oui, bonté, générosité, gentillesse, trois fois oui, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties, sinon mamie verveine va revenir te faire une tisane, lol. Chacun s’occupe de son devant de porte et les veaux seront bien gardés, par toutatis. Tu n’es personne pour faire le flic ou le juge, si tu n’es pas flic ou juge. Ni paillasson, ni despote. Point.

 

Voilà, j’espère avoir pu t’être utile à apprivoiser certaines situations de ce monde qui part en couilles. Oh ça va hein, j’ai fait attention à ne pas le mettre avant, c’était pour mieux pourvoir me lâcher après. Si tu en es choqué, il est peut-être temps d’y travailler, quant à moi je vais bosser aussi, mais sur d’autres défauts que sur ma vulgarité qui nous le conviendront, fait tout mon putain de charme, lol.

 

 

Une petite histoire chinoise pour finir :

« Qu’est ce qui est le plus important, » demanda Gros Panda, « le voyage ou la destination ? »

« La compagnie. » dit Petit Dragon.

 

 

Alors aimons-nous bordel.

 

Bisous fraternels 🕊

 

 

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Comments

  1. Danielle
    27 novembre 2020 / 3 h 16

    J’aime bcp la poubelle emotionnelle des autres, moi aussi je remonte des fois des bretelles quand je peux …. et tant pis si la personne est vexee. La prochaine fois ils penseront avant d’agir. Je deteste les bullies.

  2. TURPIN
    27 novembre 2020 / 7 h 55

    Ton billet est excellent comme d’habitude, mais j’avoue que celui ci tombe à point nommé pour moi qui vis actuellement une situation professionnelle compliquée ( poubelle émotionnelle de certains de mes collègues). Ton écrit va m’aider à passer une excellente journée. Ce que tu écris est super !

    • 27 novembre 2020 / 13 h 36

      Merci infiniment pour ton retour Marlène, force et courage à toi 😘✌🏻

  3. Anthéa
    29 novembre 2020 / 19 h 00

    Ce billet reflète bien la réalité de la personnalité humaine et j’aimerais que chacun, moi compris, ait l’honnêteté de se remettre en question sur la façon d’agir avec les autres pour ne pas les transformer en poubelles émotionnelles. Ah… les stratégies militaires… on en a bien besoin! Que le « ooda loop » soit avec nous! C’est difficile de rajouter un commentaire car tu as tout très bien dit. Je te pardonne pour tes apartés salaces… cette spontanéité fait ton charme! C’est pour ça que j’adore lire ton blog qui en plus d’être drôle et utile est écrit dans un bon français.

    • 29 novembre 2020 / 22 h 10

      C’est toujours un plaisir pour moi de faire des apartés salaces, … euh, des articles qui essaient d’être utiles, je voulais dire, lol 😁✌🏻

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