Un bonheur inattendu.

 

 

 

 

 

 

« La jeunesse vraie, la seule, … C’est d’aimer tout le monde sans distinction, cela, seulement, est vrai, cela, seulement, est jeune et nouveau. »

Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, 1932.

 

 

 

 

 

 

 

 

Salut à toi, jeune Padawan,

 

 

Il faut dire que cet oxymore, entre le titre de cet article et celui du livre, ne pouvait mieux seoir à cet auteur, à sa réputation, au contexte de l’époque, ainsi qu’au contexte d’aujourd’hui, d’ailleurs. La boucle est bouclée, en somme.

 

Aujourd’hui, cher Padawan, nous allons parler du dernier ouvrage posthume de l’auteur français le plus controversé de quasi tous les temps, pourtant tant aimé « avant le drame » et fort respecté aujourd’hui ; comme quoi, le temps aide à la prise de recul, à la philosophie, à la sagesse, à la considération et au respect de ce qu’est un héros de guerre, grièvement blessé pour sauver notre pays. Une pensée dans l’univers. Et si tu n’es pas au courant de la controverse, sache que ce n’est guère la peine de perdre ton temps à cette guerre, ho-ho-ho, ce fût en résumé une histoire d’incompréhension, d’époques, d’émotions, et complexe, comme toujours, dans ces affaires.

 

Pour rappel, tu sais que ces articles ne sont pas des revues de lecture, à proprement parler, mais juste un petit mot de ma part pour te donner envie de lire cet ouvrage, tout simplement. Je ne dévoilerai que très peu de l’histoire, en tout cas rien qui ne se trouve sur la quatrième de couverture, afin de te laisser le plaisir de la découverte, de te faire ton propre décor à toi, d’imaginer les visages, les voix, les scènes.

 

Tu es prêt ? C’est parti.

 

 

 

 

Guerre

Je n’osais pas l’ouvrir. Oui, me concernant, ça change, n’est-ce pas ?! #bavarde.

 

Mais pourquoi ?

 

Au moment de la libération de Paris (Seconde Guerre mondiale, essaie de suivre, ndlr), l’appartement parisien de Louis-Ferdinand Céline fût cambriolé, et plusieurs de ses manuscrits subtilisés.

 

Or, il y a quelques mois, soit soixante ans après la mort de l’auteur, et ce, par on ne sait vraiment quelle aventure abracadabrantesque, les manuscrits ont été déposés chez Gallimard – « Guerre » est le premier d’entre eux.

 

Des manuscrits retrouvés, c’est tellement précieux et personnel à la fois, que, ce livre en main, j’avais comme l’impression de rentrer dans l’intimité de l’auteur sans sa permission, car après tout, les écrits retrouvés sont vraisemblablement des premiers jets, et nous ne les aurions jamais lus en l’état si les manuscrits lui avaient été rendus de son vivant. Il les aurait modifiés, peut-être même changés du tout au tout.

 

Enfin, la nostalgie de mes premières lectures Céliniennes, et j’avoue, la curiosité, m’ont poussé à ouvrir ce premier ouvrage, et à me délecter de chacune de ces précieuses pages.

 

Et un bonheur n’arrivant jamais seul, nous en aurons d’autres ! Quatre manuscrits ont été déposés chez Gallimard, et le deuxième, « Londres », sera vraisemblablement la suite de celui-ci. Suspens !

 

 

 

 

Le contexte

On ne peut pas comparer un livre publié dans des conditions normales de travail, de relecture, de remaniement, de correction avec un premier jet. Tu n’auras donc pas mon avis entre cet ouvrage et « Voyage au bout de la nuit » par exemple, puisque, comme tu l’auras compris, je n’y vois pas de pertinence. Sache juste que j’ai adoré les deux, comme j’ai adoré l’ensemble de son œuvre. Voilà, c’est dit.

 

Gallimard, par la plume de François Gibault et Pascal Fouché, nous offre un bel avant-propos et des notes de fin d’ouvrage nous apportant le contexte dans lequel est publié cet ouvrage. Nous avons également le droit à un maximum de détails offrant au lecteur une meilleure vue d’ensemble, un répertoire des personnages récurrents (car cet ouvrage étant vraisemblablement un manuscrit premier jet, certains personnages changent de nom au fil des pages, ndlr), ainsi qu’un lexique de la langue populaire, argotique, médicale et militaire. Une pépite, ce dernier.

 

Pour les néophytes, si tu as des grands-parents parisiens, ou une appétence pour les films de la grande époque de Gabin, par exemple, tu vas retrouver foule de leur vocabulaire. Bon après, si tu es fidèle lecteur Célinien, ce lexique te fera retomber dans la plume habituelle de l’auteur, celle que nous aimons tant !

 

 

 

 

L’ouvrage

Le titre peut faire peur, tant nous sommes dans des atmosphères sous cellophane, mais je tiens de suite à te rassurer. Ceci n’est pas un ouvrage terrible, où page après page, ton sang se glace d’effroi face à l’horreur atroce de la grande guerre. C’est l’aventure d’un jeune homme blessé en service à la Première Guerre mondiale, en 1914, dans les Flandres, à « Peurdu-sur-la-Lys ». Il y fait des rencontres plus ou moins amicales, voire coquines, fait le mur de l’infirmerie pour aller au centre-ville boire des coups…, Mais on y voit vite, évidemment, une seconde lecture plus philosophique.

 

En effet, à travers l’histoire du brigadier Ferdinand, on comprend mieux le traumatisme physique et moral de nos aïeux dans « l’abattoir international en folie » (Cf. : L-F. Céline, ndlr). Par ailleurs, on ne peut que faire le rapprochement entre le personnage principal de cet ouvrage et l’auteur ; notre imaginaire départagera la part de fiction de la part autobiographique. Le tragique et le comique se mêlent à merveille, nul doute, on est bien avec Céline.

 

 

Rares sont les auteurs capables de manier argot, rire, larmes et finesse ; Céline en fait partie. Alors profitons de cet instant unique, du temps extraordinaire de ces quatre manuscrits retrouvés, et plongeons dans ce premier ouvrage avec délectation !

 

 

 

 

 

Voilà, j’espère t’avoir donné envie de l’ouvrir grand et fort, de saisir cette aventure qui nous replonge dans un moment capital de notre histoire, la « der des der » qu’ils disaient, où plus rien n’a jamais été pareil, où les conséquences auront changé l’histoire et le destin de la France, de l’Europe et du reste du monde.

 

 

 

 

Salutations littéraires 📚

 

 

 

 

 

IMG 3995 scaled - Un bonheur inattendu.

Comments

  1. Anthéa
    12 septembre 2022 / 9 h 40

    Merci de m’avoir fait découvrir cet auteur qui, je l’avoue, ne faisait pas partie de mes lectures mais tu m’as donné l’envie de le lire.
    C’est ce que j’aime dans ton blog, tu ouvres mon esprit dans divers domaines.

    • 12 septembre 2022 / 21 h 33

      Avec plaisir, tu ne seras pas déçue je pense ! 😁✌️

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