Et si le meilleur antidépresseur avait été conçu par un dépressif ?

 

 

 

 

 

« La musique donne une âme à nos coeurs et des ailes à la pensée ».

Platon. (encore lui)

 

 

 

Salut à toi, jeune Padawan

 

 

Nous repartons sur notre nouvelle rubrique du blog, pour mon plus grand plaisir et je l’espère aussi pour le tien, il s’agit bien-sûr de l’espace musique, en parcourant aujourd’hui un de mes artistes préférés de la musique folk à la discographie des plus minces, certes, mais pas des moindres. Cet artiste était un génie de la ballade douce, mais aux accords parfois complexes et techniques ; de la musique parfaite pour quand tu as besoin de te vider l’esprit, pour prendre un bon bain après une journée harassante, pour te ressourcer, méditer, pour apporter de la vie à ta maison, ou pour entamer une conversation philosophique à 4 h du matin avec de bons amis, bière à la main… ou un bon bourgogne, tu as le choix chez moi.

 

La première fois que j’ai entendu parler de Nick Drake, c’est en écoutant une interview de Robert Smith de « The Cure », comme étant parmi les artistes qui l’ont influencé étant jeune. Il y précisait que le nom de son groupe provenait d’un vers d’une des chansons de cet artiste, « Time has told me » : « A troubled cure for a troubled mind ». Vu que je ne connaissais pas, j’ai fait ma curieuse, et depuis, pas un mois ne passe sans que ma platine ne joue une galette de Nick Drake.

 

Comme d’habitude, pour ce deuxième « vrai » article, je te mettrais les liens sur chaque titre de chanson pour que tu puisses les écouter si tu le désires (nota : le premier article de la rubrique « musique » était sur les Walkmans, que dis-je, LE tout premier Walkman que la terre ait jamais connue, lol, voir l’article ici et le second sur l’album le plus mythique des Beatles, ici).

 

C’est parti pour un son léger, apaisant et qui fait résonner l’âme : celui du talentueux Nick Drake.

 

 

 

 

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Nick Drake, une vie d’artiste

À ne pas confondre avec le rappeur Drake, merci du fond du coeur, lol. 

 

Né en 1948 en Birmanie pendant que ses parents y étaient expatriés pour des raisons professionnelles, il aura vécu quasi toute sa vie en Angleterre. Il commence à jouer très jeune plusieurs instruments de musique comme du piano, de la clarinette, du saxophone, et il monte un groupe avec quatre de ses camarades de classe à la fin de son adolescence, « The perfumed gardeners », ou ils reprendront des chansons, notamment de rhythm and blues et des standards de jazz. Nick y jouait principalement du piano, et c’est un an après qu’il découvre la guitare qui deviendra son instrument favori, en 1965.

 

En février 1967, il part six mois étudier à l’université d’Aix-Marseille, où il commence à jouer en public, pour revenir à Cambridge au mois d’octobre, où il passe plus de temps à jouer de la guitare, écouter ses artistes préférés comme Bob Dylan, Josh White et Phil Ochs, fumer du cannabis et prendre du LSD que réviser ses cours.

 

En février 1968, il se fait remarquer à un concert de Country de « Joe and the Fish » par Ashley Hutchings, le bassiste du groupe de « folk Fairport convention ». Il le présente à un producteur d’une filiale d’Island Records et quitte l’université de Cambridge pour travailler sur son premier album studio.

 

 

 

 

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Une des plus courtes carrières, Trois albums.

 

–  « Five Leaves Left », son premier album, est enregistré dès fin 1968, avec son producteur Joe Boyd. Plusieurs chansons, comme Fruit tree, ma chanson préférée de cet album, seront arrangés par un de ses potes de Cambridge, Robert Kirby, et la chanson phare de l’album, River Man, un vrai chef-d’oeuvre de complexité d’accords tout en restant légère et apaisante, sera quant à elle gérée par Harry Robinson.

 

Cet album fait penser à la saison estivale, soleil et champs de blé, à l’image de la chanson Saturday Sun et de sa musique douce et joyeuse, mais aux paroles d’un ton très mélancolique, qui suggère déjà à cette époque que ce jeune artiste commence malheureusement à être affecté par sa consommation de cannabis. Oui, le cannabis rend dépressif, et dans de hautes doses répétées sur le long terme, psychotique. Attention donc, jeune Padawan à ne pas finir comme Nick Drake.

 

 

 

– « Bryter Layter », (dont je t’ai mis la chanson éponyme en lien) son deuxième album sorti en 1970, part sur un son plus joyeux, plus jazzy. Il cherche à se défaire un peu de son image poétique du premier album qui n’a pas trouvé son public, le son de cet opus comportera donc une basse et une batterie.

 

La musique de ce deuxième album est enjouée, donne envie de bouger la tête au rythme de la batterie, douce et élégante, et de sourire à ces mélodies jazzy. L’Introduction de l’album de fait penser à un matin ensoleillé, presque féérique. Les accords se mêlent aux violons (non, cette intro n’a pas de batterie, lol) pour laisser place à Hazey Jane 2, la première chanson de l’album, à la musique gaie et dansante. Et pourtant, les paroles sont là aussi en décalage…

 

Beaucoup aiment la complexité des accords et l’originalité de One of These Things First, mais mon coeur balance sur Northern Sky, où le piano et la guitare dialoguent harmonieusement pour laisser place à des paroles plutôt positives, enfin, pour du Nick Drake. On ne sera jamais sur du Henry Salvador avec lui, on s’en doute maintenant.

 

Il ne se vendra pourtant qu’à trois mille exemplaires à l’époque. Nick Drake n’a pas réussi à faire la promo nécessaire pour faire connaître ce superbe album. En effet, ses apparitions sur scène se sont avérées très douloureuses pour lui. Étant en dépression, il n’arrivait pas à communiquer avec son public pendant les concerts et se renfermait sur lui-même, accordant sa guitare entre chaque chanson pendant plusieurs minutes.

 

 

 

– « Pink Moon », son dernier album, sorti en 1972. Onze titres, pour une durée totale de 28 minutes. Court, efficace, dix chansons guitare-voix, sans fioritures, excepté pour la chanson-titre, Pink Moon, qui aura le droit à une touche de piano. Idem, des paroles tristes, ce coup-ci vraiment dépressives (voir pire, ndlr), mais des musiques si douces, apaisantes et relaxantes qu’on en vient à se demander si cet homme ne serait pas un oxymore à lui tout-seul, lol.

 

Sur cet album, pour sûr, on plane, sans mauvais jeux de mots avec son addiction. Les mélodies sont encore une fois, oxymore, très faciles à écouter et d’une complexité impressionnante au niveau des accords. Il était pourtant autodidacte. Chacune de ses chansons sont une prouesse, un miracle même, au vu de la quantité de substances qu’il s’enfilait, d’avoir réussi à garder l’esprit clair pour composer de si merveilleuses mélodies.

 

Wich will est une de mes chansons préférées de cet album avec Pink Moon et Place to Be, dont je te déconseille d’écouter les paroles si sombres de cette musique si agréable et relaxante. Je sais bien que je me répète dans cet article, mais bon sang que sa musique est agréable, si on n’écoute pas trop ce qu’il dit, le pauvre.

 

Chaque chanson est un univers, avec son ambiance, mais toujours dans une grande sérénité, avec sa dose de relaxation, et même de paix intérieur. Et donc, pour finir sur cet album, ma chanson préférée ultime est Things Behind the Sun, qui est complexe, mais si facile à écouter et qui se finit sur un espoir… dans la musique. Bon les paroles, j’ai même pas envie d’en parler sinon tu ne vas pas aller écouter ce chef-d’oeuvre, lol.

 

Cet album s’est encore moins vendu que les précédents, dans la mesure où il est quasiment sorti dans l’anonymat. En effet, Nick Drake n’a accepté qu’une seule interview dans le magasine Sounds pour la promotion de cet album, où il y parlait de son aversion pour les concerts. Pas très vendeur, en effet, lol.

 

Il est décédé en Angleterre en 1974, à l’âge de 26 ans des suites de la prise d’une trop grande quantité de médicaments.

 

 

 

 

 

 

J’ai toujours été étonnée qu’il ne soit pas plus connu – même aujourd’hui – mais disons que ce fut pour son plus grand plaisir, tant il avait supposé les maux de la célébrité, fantasmée à l’avance au travers sa chanson Fruit Tree.

 

La mélancolie n’est jamais pesante ou triste, au contraire, elle nous permet de faire le vide, de ne penser à rien, si ce n’est à la justesse de la mélodie et à la douceur de l’atmosphère de chacun de ses morceaux ; comme si au travers de ce talent de compositeur, il avait trouvé le remède à sa dépression à la manière du cordonnier, le plus mal chaussé.

 

Ses albums s’écoutent du début à la fin, comme on lirait un roman, comme on écouterait un opéra. Aucune chanson n’est ennuyeuse ou posée là pour meubler. Lorsqu’on écoute un album de Nick Drake on entre dans un univers poétique, on plane, et on n’atterrit qu’à la fin de la dernière chanson. Paroles sombres et musique apaisante, cet homme avait développé dans ce paradoxe un talent inouï à la guitare, réussi à créer des harmonies complexes, mais d’une justesse incroyable. Nick Drake est définitivement un artiste à écouter, qu’on se mette à la guitare, qu’on aime le folk, ou qu’on aime simplement se relaxer dans son bain avec de la bonne musique.

 

 

Il ne me reste plus qu’à te souhaiter une bonne écoute.

 

 

Salutations musicales 🎵

 

 

 

 

 

Sources : Nick Drake, The Biography – Patrick Humpries (ed. Bloomsbury).

Nick Drake Biography – Britannica

Wikipédia

 

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Comments

  1. Danielle
    4 juin 2021 / 3 h 40

    Je ne le connaissais pas, alors visite google ….. meme annee de naissance que moi. Suis allee voir les paroles de certaines chansons, il est evident que la drogue a joue un role dans sa destruction, dommage, 26 ans … du talent.

    • 4 juin 2021 / 16 h 03

      Pour les paroles j’avais prévenu, lol. Oui c’est dommage, mais sa musique ne tombera pas dans l’oubli, et ça c’est chouette. ❤️

  2. Rätselstein
    5 juin 2021 / 11 h 33

    Encore un article qui donne envie de découvrir le sujet qu’il évoque. En plus ce monsieur est décédé l’année de ma naissance, si ce n’est pas un signe…
    Il faudra juste avant de l’écouter que je déconnecte cette zone du cerveau qui me pousse à chercher à comprendre, voire à fredonner les paroles. Je ne voudrais pas finir dépressif sous dépendance à 26 ans. De carrière.

    • 5 juin 2021 / 18 h 18

      26 ans de carrière, lol, nous sommes de la même génération de jeunes.
      Sincèrement, il est assez facile de déconnecter des paroles tristes pour deux raisons : beaucoup de ses chansons ont deux niveaux de lecture, et la musique est tellement apaisante, voire enjouée, que tu pourras fredonner peinard sans risquer de sombrer du côté obscur de la force. 😁✌🏻

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