Nil volentibus arduum.

 

 

 

 

 

… Ou pour ceux qui n’ont pas fait latin première langue :

« A cœur vaillant, rien d’impossible ».
Jacques Coeur.

 

 

 

 

 

Salut à toi, jeune Padawan

 

 

Aujourd’hui la suite de mon article sur le surpoids et ses mystères…ou pas, où nous parlions des personnes en surpoids, disons, classiques. Nous allons approcher ici la pulsion alimentaire pathologique de type boulimie ou hyperphagie, ou comment tes hormones te dictent ton quotidien aussi puissamment que la cocaïne.

 

Tant que nous ne comprenons pas que notre intestin et nos hormones guident notre appétit, nos pulsions, nos humeurs à différents niveaux suivant les individus (voir mon article ici et ici) et ce jusqu’à la pathologie, Tant que nous compensons par la nourriture nos peines, nos angoisses, nos manques, nos peurs, parfois jusqu’à l’obsession, nous sommes dans l’impossibilité de tenir un quelconque mode alimentaire. Même celui de la tante Jeannine qui a toujours été mince toute sa vie… sauf que Jeannine, ce n’est pas nous ; d’ailleurs, elle compensait par la bière, non ? Vois-tu, quand on gratte un peu derrière la couche de vernis, on s’aperçoit souvent que ce qu’il y a derrière n’est pas si rutilant, alors arrêtons de nous juger et utilisons nos forces pour avancer.

 

Nous voici, entre le jour de l’an et noël (si, si, réfléchis bien, ndlr), ayant à peine fini notre dernière part de galette que la chandeleur arrive à grand pas – pas le gars de Friends, celui qui fait les crêpes. Alors on fait quoi ? On se roule dans la frangipane se disant que notre ligne est morte à jamais ? Que la taille de guêpe à laissé place à la taille bourdon, pour de bon ?

 

« L’important, ce n’est pas ce qu’on mange entre noël et le jour de l’an mais ce qu’on mange entre le jour de l’an et noël. » J’ai lu cette petite citation sur insta l’autre jour, et je dois bien avouer que ça m’a fait plaisir. En effet, la perspicacité n’est pas vraiment le fort d’Instagram, habituellement.
Relis donc cette citation, elle me semble pourtant bien claire : tu peux si tu le souhaites profiter lorsqu’il y a des événements, des fêtes, du moment que tu es raisonnable entre ceux-ci. Raisonnable ? Un mot qui te fait grincer ? Si seulement tu pouvais maitriser les choses, mais aujourd’hui tu as perdu pied, le sourire à laissé place à la détresse ? Ton quotidien n’est qu’obsession, du matin au soir, la nuit, comme une sirène de pompier permanente dans ta tête sauf qu’on n’est pas le premier mercredi du mois ? Si oui, tu es sur le bon article, sinon, tu peux rester pour essayer de comprendre ce qu’il y a dans la tête d’une personne ayant une addiction car sache une chose : on n’est jamais à l’abri de rien, de près ou de loin.

 

 

 

 

Pas besoin d’être à l’alcool ou à l’héroïne pour être toxico

Ce pan personnel de ma vie me ramène à plus de dix ans de combat car je n’ai pas compris de suite les mécanismes, je pensais juste que j’étais une personne faible en manque de volonté.

 

Comme expliqué dans l’intro, je ne vais pas parler de ceux qui on été minces toute leur vie et qui ont commencé par prendre un ou deux kilos par an après 35 ans par exemple, mais de ceux qui ont des pulsions alimentaires médicalement appelées boulimie ou hyperphagie. De ceux qui ont des manques, des obsessions, des bouleversements hormonaux, des détresses, qui vivent le surpoids non pas comme un bon vivant qui a mangé 2 biscuits au lieu d’un à quatre heures, mais bel et bien du spécimen : j’ai mangé tout le stock de paquets de gâteau à 17h, et à 19h, j’attaque le diner comme si de rien. Sans ne jamais montrer une émotion à qui que ce soit, car la plus grande détresse est celle qui jamais ne se devine.

 

Des régimes, j’en ai fait toute ma vie. Quand je dis toute ma vie, j’ai connu ma première disette à l’âge de 7 ans. Autant te dire que j’ai de l’expérience en ce domaine : le régime, quel qu’il soit, ne marche pas. La société est parfois très maladroite lorsqu’il s’agit d’essayer d’aider, elle l’est aussi lorsqu’il s’agit de son regard, voilà pourquoi il est temps de changer les choses.

 

 

 

 

Le choix de la mort

Je vais faire ici une déclaration qui va mettre le feu au poudres, mais tu sais que j’aime te faire réfléchir. Après lectures, analyses, témoignages et ayant été des deux cotés de la barrière ( je n’ai pas changé de bord, je parle des minces et des gros, essaie de suivre, ndlr), je peux t’affirmer une chose sans une once de doute : une personne en surpoids à cause de ses pulsions pathologiques est dépendante tout comme l’est une personne alcoolique ou toxicomane. Ce sont les mêmes mécanismes, je te renvoie à ma revue de lecture de ce bouquin mais ce n’est pas le seul scientifique ayant compris ce fait. Car oui, c’est un fait. Ce sont les mêmes hormones qui s’affolent dans l’organisme pour te rendre obsessionnel que les autres drogues, et c’est bien le problème. Tu ne feras jamais arrêter l’héro à un gars en lui disant : « Prends-en juste moins à chaque shoot mec, et la piquouse de quatre heures au fait, on oublie, ne t’inquiètes pas ça va bien aller ». Bien sûr que non. Le médecin addictologue place leur focus autre part, mais ça, on en reparlera plus bas.

 

Voilà pourquoi le régime est un échec, pire, il peut déclencher les pulsions alimentaires pathologiques.

 

Je ne suis pas née avec des pulsions alimentaires, on ne nait ni anorexique, ni boulimique. Les régimes ont ce problème de créer le manque, mais pas le manque du gamin qui n’a pas eu son jouet au supermarché, il n’est pas question de frustration psychologique mais bel et bien de manque hormonal, au sens médical du terme : Le manque du drogué qui a besoin de son shoot. Et si ton corps a une tendance à être réceptif aux variations hormonales, tu peux prendre ton ticket pour l’addiction dès ta première cuite, ton premier shoot, ou ton premier régime. Sauf que ça, impossible de le savoir avant.

 

Je connais autour de moi des personnes ayant été en cure de désintox à cause de la prise d’alcool ou de drogues et on est tous tombés d’accord en se partageant nos propres expériences : à différentes intensités, que ce soit pour la pulsion alimentaire, ou pour tout autre drogue, nous avons eu globalement les mêmes symptômes, les mêmes obsessions, la même fatigue, la même détresse, le même changement de moral et par dessus tout, nous avons utilisé la même méthode pour nous en sortir définitivement : la passion.

 

 

 

Le choix de la vie

Faire le choix de la vie, c’est se regarder droit dans le miroir en ayant pleine conscience que quelque chose ne va pas. S’il s’avère que le miroir te dise que tu es un addict (oui hein désolé pour l’anglicisme mais je préfère ce mot, ndlr), il n’y a qu’une chose pour te sortir de ce mauvais pas : la passion.

 

Pour ma part, quand je me suis regardée droit dans les yeux à 24 ans, j’avais deux choix. Continuer comme ça encore peut-être 5 ou 10 ans et choisir mon cercueil, ou me prendre en main, pour le meilleur. J’ai choisi la vie, et j’ai repris le chant. Ma passion est la musique, j’ai des notes dans ma tête depuis aussi loin que je puisse me souvenir, aujourd’hui j’ai une quarantaine de musiques à mon actif, que j’ai toujours gardées pour moi car je pensais que j’étais trop nulle, que chaque chose qui sortait de mon cerveau ne valait pas la peine. Le régime te fait comprendre que tu n’es pas assez bien pour les autres, l’addiction finit de te convaincre. Depuis, je me suis mise au piano, puis à la basse. Et je partage mes musiques avec une personne qui a posé des paroles sur certaines, c’est cool. Et surtout, je n’ai plus de pulsions alimentaires. Et ça, c’est vachement cool.

 

Si tu as une addiction, qui est en fait toujours une addiction hormonale, fais-toi ce cadeau : définis-toi une passion. Tu aimes le vélo ? La déco ? Le tricot ? Les journaux ? (non, je déconne, quoique, ndlr), tu joues de la guitare et tu veux monter un groupe ? Travaille à remplacer ton addiction par cette nouvelle passion. Elle va devenir dévorante, je te préviens, mais tu vas t’en sortir car il n’y aura plus de place pour les pensées d’avant, et en bonus tu vas progresser dans ton domaine favori. Cela va prendre du temps, tu va passer par des étapes pas faciles mais c’est pour le meilleur. A force de travail, j’ai aujourd’hui un octave et demi de plus qu’à 25 ans, pourtant je répétais juste pour penser à autre chose. En clair, il s’agit de remplacer une addiciton par une autre plus « saine », si tu me suis.

 

Sache qui si tu es addict, il est possible que tu sois aussi artiste. Alors si tu n’as jamais essayé, prends un crayon et dessine, danse ou pousse la chansonnette, car peut-être que cette addiction est la manifestation de cette vérité refoulée. À bon entendeur, sais-ton jamais. Sinon, tu peux toujours t’essayer à la couture, tu es peut-être un Jean-Paul Gaultier qui s’ignore… ou pas.

 

 

 

 

 

 

Je crois fort au partage d’expérience, car l’évolution de l’humanité ne s’est pas faite par le savoir d’experts, mais grâce à tata Jeanine qui a montré à tonton Jeannot comment on plante les patates… contre une bonne binouze (on ne refera pas tata Jeannine à la fin de cette article, ndlr). Alors si au lieu de la planter, la patate (non, pas là ! ndlr), je pouvais t’initier une lueur d’espoir pour te la donner, aucun regret.

 

À coeur vaillant, rien d’impossible. N’oublie pas que notre plus grande erreur est de croire que lorsqu’on est au fond du trou, tout est perdu. Rien n’est jamais perdu. Jamais. Et tout comme on est à l’abri de rien, j’ai la ferme conviction qu’on peut faire face à tout, si on le souhaite vraiment.

 

 

 

Alors lève-toi et montre-nous qui tu es.

 

Salutations passionnées ✨

 

 

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Un addict sur un cheval volant, prêt à changer de vie, Paris, France.

Comments

  1. Sabrina
    10 janvier 2020 / 9 h 27

    Forcément, cet article, il me va droit au cœur (vaillant ou pas!) Tout est très juste, bravo. Je te le dis souvent mais lire ton blog me fait du bien, j’adore ta façon d’écrire, ton humour même sur les sujets graves et ton regard éternellement optimiste. A la vie! 😀

    • 10 janvier 2020 / 14 h 02

      Un gigantesque merci pour ton retour, ça me touche beaucoup. A la vie ! 😁✌🏻

    • Laurence
      10 janvier 2020 / 19 h 28

      Mon ange gardien m’a tenu le même discours il y a quelques temps quand j’étais au fond du trou… Et me voilà maintenant. Merci Caro, toujours fidèle 😘

      • 10 janvier 2020 / 21 h 48

        C’est fait pour ça les amis, pour toujours et forever, et quel bonheur de voir ta réussite aujourd’hui 😘✌🏻

  2. Anthéa
    10 janvier 2020 / 18 h 23

    Je suis totalement d’accord avec Sabrina. Je deviens addict à ton blog, mais ça c’est une bonne maladie car il me permet de m’aider à me remettre en question et à mieux comprendre les autres. Tu améliores aussi ma culture quand tu abordes des sujets que je ne connais pas ou mal. J’arrive à me construire une vie beaucoup plus sereine grâce à tes conseils. Bravo Caro et… À la vie!😘

    • 10 janvier 2020 / 21 h 58

      Merci pour ton retour, à nous de choisir de vivre serein et heureux ✌🏻

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