Pourquoi mangeons-nous ?

 

 

 

 

« Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger. »
Socrate, puis repris dans « l’Avare » de Molière sous cette citation.

 

 

 

 

Salut à toi, jeune Padawan,

 

Depuis mon article sur la schizophrénie alimentaire, j’ai eu quelques demandes pour approfondir le sujet. À demande de Padawan, votre fidèle serviteur s’exécute, avec son humour légendaire (ou pas, ndlr).

 

Le besoin et l’envie ont déjà été traitées dans cet article, mais pas le rapport émotionnel à la nourriture. Alors, en voiture Simone et répondons à cette truculente question : Pourquoi mangeons-nous ?

 

 

 

Les trois raisons pour lesquelles nous mangeons

1/ La faim, œuf corse.
Tu as fait une matinée de ski, tu n’as pas mangé depuis la veille au soir et il est 14h ? Il y a des chances que ce soit une bonne vieille grosse dalle des familles.

 

 

2/ Par gourmandise, par plaisir.
Notre société à donné à la nourriture une fonction différente de ce pourquoi elle était faite au départ : la fonction festive.
On se retrouve en famille ou entre amis autour de la bouffe. Dans certains pays c’en est même une institution, spécialités culinaires pour chaque région, sauf qu’à l’époque, le surpoids était aussi rare que d’avoir une automobile (voir mon article sur la schizophrénie alimentaire pour en savoir plus, ndlr).

 

Quand tu es dans cette situation de « aujourd’hui, je me fais plaisir » : Si ta pizzeria préférée est fermée ce jour là tu ne ressens aucun drame interne et tu y retourneras lorsque ce sera à nouveau ouvert. Tu ne ressens aucune culpabilité, aucune urgence, tu manges lentement en appréciant les saveurs avec délectation, tu prends le temps de discuter avec les autres convives. Si tu n’as plus faim après ce merveilleux repas pour un dessert, tu n’en prendras pas car tu auras eu suffisamment de « plaisir » et tu ne te sentiras pas frustré… Frustration, disais-je ? Voici le petit troisième…

 

 

3/ Fuir nos émotions

(Vois-tu cher Padawan, il fût un temps dans ma vie où je me sentais contrariée s’il n’y avait pas tel ou tel plat dans le restaurant où je me rendais. La bouffe était plus importante que le moment partagé avec mes amis, collègues… Je ne m’en rendais même pas compte, ndlr)

 

Si tu es perdu, pour savoir auquel des trois tu es confronté, assieds-toi devant une assiette de légumes. Si tu manges avec bon appétit, c’est de la faim. Si tu manges sans aucune urgence en te concentrant sur les gouts, les saveurs, tout en te disant peut-être qu’avec éventuellement un peu de sauce ce serait encore meilleur, c’est de la gourmandise…

 

– Mais si tu fais la gueule devant ton assiette, que tu te sens contrarié devant tes légumes parce que tu voulais autre chose, c’est le petit troisième…

– Si l’objectif « manger » est une aide pour tenir le reste de ta journée, en mode « ça va aller car ce soir je vais pouvoir manger ça, ou ça… »…en plein dans le numéro trois.

– Si après avoir mangé tu ressens de la culpabilité, ce n’était ni de la gourmandise, ni de la faim, bingo, encore le numéro trois.

– Si tu te racontes des petites histoires du style que tu l’as « bien mérité, après cette journée difficile », je te laisse deviner…

 

Et oui, on sait se mentir, mais jusqu’à un certain point.

 

 

 

Ouvrir les yeux sur nos pulsions alimentaires

L’objectif est d’arriver à manger pour seulement 2 raisons : Pour se nourrir et pour se faire plaisir. Point.

 

Pour cela il faut réussir à faire table rase de ce qu’on a appris durant notre enfance. Nous devons intégrer que manger n’a qu’une seule et unique fonction à la base : combler la faim pour nourrir notre corps de vitamines et minéraux, dans le but de rester vivant. Si tu manges autre chose que des aliments naturels non transformés, ou si tu as mangé sans avoir réellement faim : manger n’était pas la solution à ta problématique, car ce n’était pas de la faim. Manger ne peut combler qu’un seul et unique besoin : la faim. Pour le reste, tu remplis du vide, et ça ne dure qu’un temps avant les autres effets pervers (surpoids, perte de confiance en soi, dépression, maladies liées au surpoids et autres joyeusetés, ndlr).

 

Que recherche-t-on lorsqu’il nous arrive de manger pour fuir nos émotions ? L’apaisement. Traduction : la dopamine. Traduction de la traduction : ton cerveau est drogué par ses propres hormones produites par l’apport des aliments inappropriés que tu ingères. Entre autres (voir mon article sur prendre soin de sa santé pour de bon, et sur l’alimentation anti-inflammatoire, ndlr). Maintenant que le constat est dressé, quel en est le processus?

 

Très souvent on cherche des explications au pourquoi de cette « fringale ». On sait au fond de nous que c’était pour éviter de vivre une émotion désagréable, fuir une situation par exemple, mais ça ne nous suffit pas, on refuse la culpabilité que cela implique. On se dit alors que ça a commencé au moment de notre enfance qui était difficile car on a manqué d’amour de la part de nos parents, ou que ça a commencé à l’école car tel ou tel petit camarade se moquait de nous. Sauf qu’aujourd’hui on n’est plus à l’école, ni chez papa maman…

 

Cela ne va pas te plaire mon petit Padawan mais je suis aussi là pour ça : c’est un beau scénario, une belle histoire qu’on s’invente pour fuir nos responsabilités. « Je mange le soir après le travail car ceci ou cela m’est arrivé dans ma vie par le passé », certes, sauf qu’aujourd’hui, présentement, tu n’es plus entrain de le vivre. Même s’il est important de savoir d’où vient le départ car cela explique comment tu as appris ces mécanismes, comment ils se sont mis en place, il est important aussi de comprendre que le but est d’en sortir. Ton comportement d’aujourd’hui n’a plus de rapport avec ce que tu as vécu par le passé, c’est un comportement acquis que tu reproduis, certes, mais tu n’es pas ton passé. Tu es ton présent.

J’entend aussi : « oh moi, je suis un bon vivant ». Sauf que le corps humain, qu’on le veuille ou non n’est pas fait pour être « bon vivant ». C’est donc une histoire que tu te racontes pour rester dans l’inaction. On nous a appris très tôt à utiliser la nourriture comme tampon émotionnel, si bien qu’on ne se rend même plus compte qu’on se ment à nous mêmes. Il est capital de sortir de ce schéma pour se réapproprier notre estomac et par incidence, notre vie.

 

Il est donc temps de prendre nos responsabilités. C’est aussi ça, être adulte. Ouais je sais c’est pas fendard. Attention, au risque de sonner comme un vieux vinyle rayé, quand je dis responsabilité : je ne dit en aucun cas « culpabilité » qui, elle, est la sœur jumelle de la « perte de temps ». A bon entendeur.

 

 

 

Sortir du tampon émotionnel

Se faire violence dans nos bonnes vieilles habitudes qui nous rassurent et nous apportent des repères n’est jamais facile. D’autant plus que dans nos sociétés dites modernes on ne nous apprend pas à vivre nos émotions, ni à y faire face. C’est un peu le système D entre ceux qui vont y arriver car ils vont comprendre quelques mécanismes, et les autres qui vont galérer toute leur vie. Refusons d’être dans la seconde catégorie une seconde de plus, la vie est bien trop précieuse pour cela.

 

D’autant plus que lorsqu’on se rend compte que de s’y confronter n’est ni plus douloureux ni impossible, qu’au contraire ça passe plus vite que de les fuir, c’est plus qu’un gain de temps : c’est une libération, que dis-je : une révélation ! Car c’est valable pour tout et pas que pour la nourriture.

 

En effet, que se passe-t-il quand dans ta journée quelque chose te procure une émotion désagréable et que tu fuis en utilisant un tampon émotionnel tel que : manger des conneries, boire de l’alcool, passer tes nerfs sur ton subalterne, ton conjoint ou tes enfants, regarder la tv, conduire vite au risque de te mettre en danger ?Tu ne te sens pas mieux. Pire : tu te sens coupable. Tu as donc ton émotion désagréable, et en bonus : la culpabilité de ton tampon émotionnel.

 

Alors que si tu décides de vivre pleinement cette émotion désagréable, de relativiser (car sauf exception on s’emballe souvent un peu trop sur ce qui nous arrive, ndlr), de te dire que c’est tout pourri mais que tu vas trouver une solution pour arranger cette situation financière imprévue, ou que ton big boss à critiqué ton travail, certes, mais en aucun cas ta personne, que ne pas avoir eu ce contrat ce n’est pas perdre la face car tu as appris de cette expérience et tu vas pouvoir avancer…. ça passe plus vite, tu relativises et double bonus : tu te sens mieux car tu n’as pas eu la lourdeur du tampon émotionnel, et le fait de relativiser la situation t’as permis d’entrevoir des solutions. Gérer nos émotions, plutôt que les subir en cherchant un ersatz d’anesthésie qui va nous réveiller en pleine opération, n’est pas impossible, bien au contraire. Plus on le fait plus on y arrive, et plus c’est easy-biloute (coucou aux gens du nord, ndlr).

 

Il est intéressant aussi de réfléchir sur le « pourquoi je craque » ? Car si le moment le plus sympa de ta journée est sur le canapé devant Netflix ou entrain de manger des crackers en rentrant du travail, la solution pour être plus heureux ne serait-elle pas de changer le reste de ta journée ? A bon entendeur, bis.

 

 

 

Prendre confiance en soi pour réussir à avancer

1/ En comprenant ce que tu cherches à fuir. Au moment où tu sens que tu vas craquer, que tu te sens dans cet état d’esprit mi-désagréable mi-soulagé que procure la vue du tampon émotionnel, que la télécommande est déjà dans la paume de ta main ou que tes chaussons sont déjà dans la cuisine devant le placard des chips, retourne dans ton bureau ou ta chambre, au calme, prends un petit carnet et note pourquoi tu veux manger, regarder des séries, … bref : qu’est-ce que tu fuis ? Que ce passe-t-il ?

 

Au début, tu vas noter puis aller manger ou faire ce que bon te semble pour fuir ta réalité, mais au fur et à mesure, tu vas comprendre ce qu’il se passe et cela va t’ouvrir des pistes. Car au final, une émotion désagréable n’est qu’une alerte d’un besoin qui n’est pas satisfait. Et tu vas entrevoir les solutions.

 

 

2/ Parce qu’avoir des tampons émotionnels bousille l’estime de soi, un petit exercice pour leur faire un beau pied de nez : Trois trucs à penser pour s’estimer trois fois plus en 90 jours.

 

En effet, des scientifiques ont noté que lorsqu’on se remémore trois choses accomplies dans la journée, sur une durée de 90 jours, notre estime de soi est au beau fixe ! Alors pourquoi ne pas tenter ? Il ne s’agit pas de noter trois choses extraordinaires à la Spiderman, mais simplement trois trucs dont nous avions la flemme et que nous avons tout de même accompli, et dont nous pouvons être fiers.. et bien les visualiser (voir mon article ici si tu es un peu perdu, ndlr).

 

Par exemple : confortablement assise dans mon lit avant de dormir, je note : « c’est dimanche, j’avais la flemme mais je suis allée marché 10km, j’ai fini mon ménage, j’ai changé ma housse de couette et je déteste ça, et j’ai préparé plusieurs repas équilibrés en avance pour le début de la semaine. » Je visualise les actions accomplies et me remémore la satisfaction qu’elles m’ont procurées, je laisse ce sentiment s’imprégner, cette joie m’envahir, et hop, au dodo. Se coucher chaque soir sur une notre positive, tu ne te rends même pas compte le pouvoir que ça a. Essaie, tu verras.

 

 

3/ Pour booster également son estime de soi, rien de tel que de laisser ses hormones et son foie reprendre le dessus. Pour cela, voir mon article sur la schizophrénie alimentaire où je parle… des solutions efficaces.

 

 

 

 

 

 

Et voilà cher petit padawan, n’hésite pas à aller sur les anciens articles de la rubrique « se nourrir » puis « alimentation et santé », il y en a tout-pile dix avec celui-ci (et oui déjà !), si tu veux avoir un peu plus d’infos, notamment sur les actions à mener. Tu peux aussi voir la liste de ces articles à la fin de « l’index des recettes », toujours dans la rubrique « se nourrir ». On en reparlera aussi dans de futurs articles alors : à tout bientôt!

 

 

Bisous bisous

 

 

 

 

Sources :

The Obesity Code, Dr Jason Fung, ed. Scribe. Ainsi que quelques études prises dans la bibliographie de l’auteur.

If I’m So Smart, Why Can’t I Lose Weight, Brooke Castillo, ed. The life coach school.

 

IMG 5292 - Pourquoi mangeons-nous ?

Downtown Detroit, Michigan, USA.

Comments

  1. Anthéa
    28 Avril 2019 / 15 h 32

    Je ne sais pas dans quelle catégorie me situer. Ce que j’aime dans la «nourriture» c’est le plaisir de faire les courses, de préparer les aliments, d’avoir de bonnes odeurs de cuisine dans la maison, de dresser de jolis plats, de faire une jolie table… je déguste ensuite mon oeuvre même si je n’ai pas faim, juste pour tout ces petits bonheurs que sa conception m’a procuré. Au restaurant, c’est souvent le plaisir de passer du temps avec des amis dans un bel endroit. J’ai la chance de ne pas avoir de pulsions alimentaires. J’éprouve plus le besoin d’occuper mon esprit ou mes mains que mon estomac! Si j’ai besoin de combler un « vide », je prends un livre, je fais une balade, je téléphone à des amis… je dois cette sérénité aux conseils lus sur ton blog.

    • 28 Avril 2019 / 19 h 18

      Beaucoup d’entre nous, dont j’ai fait partie, ont un comportement obsessionnel avec la nourriture qui peut se comparer à celui d’un alcoolique en manque. Tu es loin de l’obsession alimentaire que peuvent ressentir beaucoup de personnes addictes au sucre ou qui compensent leur mal-être ou leur stress en mangeant. Clairement c’est du plaisir et c’est tant mieux, un problème de moins à gérer ! 😁

      Pour les autres, si toutefois ce post ne nous à pas suffit à prendre conscience ou à vous motiver suffisament, sachez que je vais en reparler, sous des angles différents … à bon entendeur !

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